NB : Voici le premier chapitre de cette nouvelle fic. Inspirée par le film « Un jour sans fin ». Mon rythme sera certainement plus lent que d’habitude, car je ne sais pas encore vers quoi va m’entraîner cette histoire. Bonne lecture !
Le soleil est levé depuis déjà un petit moment, et ses rayons pénètrent par la fenêtre ouverte pour venir se poser sur la joue de la belle endormie. Oscar ouvre les yeux doucement et s’étire. L’automne s’installe progressivement, et elle préfère profiter quelques instants encore de la chaleur des draps. Elle se risque même à refermer les paupières, quand soudain, une tornade à bonnet blanc s’engouffre dans la chambre et pousse un cri strident.
GM : « OOOSCAAAR !!! DEBOUT MA CHERIE !!!
O (le regard assassin) : - Quelle délicatesse le matin au réveil….
GM (souriante) : - Allons, ne fais pas ta mauvaise tête, c’est toi qui m’a demandé de te réveiller hier soir, car tu as une longue journée devant toi.
O (grommelant) : - J’aurais du préciser les modalités du réveil : calme et tranquille !!!
GM :- Comme tu es d’excellente humeur (pour changer), je te laisse t’habiller. Je t’ai préparé ton petit déjeuner, il t’attend à la cuisine, André aussi d’ailleurs !
O : -André est déjà debout ?
GM : - Oui, il avait les chevaux à ferrer. »
Oscar la regarda sortir de la chambre et se décida enfin à sortir du lit, non sans s’étirer une nouvelle fois. Il y avait des moments où tout lui portait sur les nerfs, et ce matin en était une belle démonstration. Tâtant la température extérieure en risquant le petit orteil en dehors des couvertures, elle frissonna. Elle adorait dormir la fenêtre ouverte, mais s’en mordait toujours les doigts au réveil.
« Bon, quand faut y aller, faut y aller » pensa t’elle. Prenant son courage à deux mains, elle s’élança hors du lit. Première victoire sur elle-même, elle était debout. Il s’agissait maintenant d’avancer jusqu’à la salle d’eau pour satisfaire un besoin naturel dans le seau prévu à cet effet, puis faire un brin de toilette avant de s’habiller et de descendre.
Elle fit quelques pas dans la chambre sans trop faire attention où elle mettait les pieds. Fatale erreur, car un instant plus tard, le baudrier de son épée de cérémonie la prit en traître et la fit chuter de tout son long sur le parquet. Oscar se reçut sur le menton, ce qui valut au baudrier une belle bordée d’insultes, bien peu dignes d’un colonel de la Garde Royale.
Après s’être relevée, Oscar balança d’un geste rageur le malheureux baudrier, et il atterrit à l’autre bout de la pièce. Tenant son menton endolori, elle entra dans la salle d’eau. Une demi-heure plus tard, elle en ressortit, et se dirigea à grandes enjambées vers la port de sa chambre. Seulement elle avait oublié le baudrier maudit, venu se réfugier dans cet endroit de la pièce, et pour la deuxième fois de la journée, son menton goûta aux délices du parquet.
Frappant de ses deux mains à plat sur le sol, Oscar hurla : « MARRE ! ». Elle se releva, épousseta ses vêtements, expira un grand coup, et ouvrit la porte d’une main ferme. En arrivant dans la cuisine, elle fut dévisagée par André et Grand-Mère, intrigués par la belle couleur bleue que prenait son menton, curieusement assortie à la couleur de ses yeux. Elle s’assit et les fusilla du regard.
O : « Le premier qui dit quelque chose me servira de petit déjeuner. »
André ne dit rien (pas fou), mais pensa que servir de petit-déjeuner à Oscar aurait pu ne pas être si désagréable. Grand-Mère réprima sa curiosité naturelle devant le ton froid de sa protégée, et lui servit une tasse de chocolat.
Une heure plus tard, André et elle galopaient pour Versailles, et le jeune homme, se sachant à l’abri sur sa monture, osa LA question.
A (espiègle) : « Alors que t’arrive t’il, tu t’es coupée en te rasant ?
O (en rage) : - Tu as de la chance d’être à cheval parce que sinon, je t’aurais fait rentrer ta plaisanterie dans la gorge à coups de poings André. Pour ta gouverne, sache que je suis bêtement tombée en me prenant les pieds dans mon baudrier ce matin…voilà, ça y st, c’est bon, tu peux rire. »
André ne le fit pas, il tenait à la vie et savait Oscar plutôt rancunière. Il n’avait aucune envie de se voir frapper quand ils auraient mis pied à terre. Néanmoins, l’idée d’Oscar, la si fière Oscar, s’étalant à terre par la faute d’un baudrier innocent le fit sourire intérieurement.
En arrivant à Versailles, ils croisèrent dans les couloirs l’homme qui faisait battre le cœur d’Oscar : Hans Axel Von Fersen. Le beau suédois s’approcha d’eux pour les saluer. Remarquant l’ecchymose d’Oscar, il lui posa la question.
F : « Mon Dieu Oscar, mais que vous est il arrivé ? »
André s’apprêtait à répondre et à dévoiler l’attaque de l’affreux baudrier, mais un regard noir d’Oscar l’arrêta immédiatement.
O : « Ce n’est rien Fersen, juste un petit accident sans gravité. Je vous remercie de votre sollicitude. »
Ils échangèrent quelques civilités, puis Fersen prit congé d’eux pour se rendre chez Marie-Antoinette. Oscar le regarda partir, les yeux pleins de mélancolie. André le vit, mais ne dit rien. Il connaissait les sentiments qu’Oscar nourrissait à l’égard du suédois. Il savait qu’elle ne serait jamais aimée en retour, du moins pas de cette sorte d’amour, alors que lui aurait pu la combler et la rendre heureuse. Mais il n’était qu’un roturier et ne pouvait dire à Oscar la passion qui l’animait à chaque regard posé sur elle, dans chaque geste envers elle, dans chaque parole échangée avec elle.
Ils vaquèrent à leurs occupations toute la journée, et aucun autre incident ne vint émailler la vie d’Oscar. La routine lui pesait vraiment aujourd’hui plus que les autres jours. Les gardes firent une revue parfaite, Girodelle fut aussi mielleux que d’habitude et comble de l’ennui, elle n’eut même pas la moindre petite mission surprise à se mettre sous la dent…
Elle espérait secrètement que le bal masqué qui aurait lieu ce soir, et où elle devait assurer la sécurité, serait autrement plus passionnant. En soirée, elle se dirigea vers ses quartiers privés du château afin de se reposer un peu et de se rafraîchir en vue du bal. André passerait la prendre dans une heure et ils se rendraient ensemble dans la salle de réception.
Elle passa dans la salle d’eau, et jeta machinalement un coup d’œil dans le miroir. Le bleu de son menton était passé au violet, et n’était pas très esthétique se surprit-elle à penser.
« Allons bon, depuis quand je me soucie de mon physique ? ». Elle sourit tristement à son reflet. « Depuis que ton cœur bat pour Fersen, reconnais le Oscar, tu es amoureuse de lui. ». Oui, elle l’était, mais sans qu’elle puisse définir depuis quand et pourquoi son cœur faisait-il ce caprice. Elle se recula soudain du miroir, comme brûlée par son image.
Le problème, c’est qu’elle recula sans savoir que la baignoire n’attendait que ça pour porter son attaque, ses jambes heurtèrent le rebord et elle bascula, les fesses en arrière. Cela n’eut pas eu de conséquences dramatiques si la baignoireavait été pleine. Mais ce n’était pas le cas, et le noble postérieur d’Oscar heurta durement le fond en bois.
Comble du désespoir, c’est ce moment précis que choisit André pour entrer dans la pièce. Inquiété par les cris de rages poussés par Oscar qui se demandait pourquoi les objets la maudissaient-ils à ce point, André était entré sans frapper.
Le spectacle d’une Oscar pliée en deux dans la baignoire sans eau, le fit éclater de rire.
A : « Oscar, il faut mettre de l’eau et se déshabiller quand on veut prendre un bain ! A ton âge, tu n’as pas encore compris ça ? »
Avant qu’il ait pu comprendre sa bévue, Oscar était sortie de la baignoire et l’avait cueilli au foie avec un crochet du droit. Malgré la douleur, il sourit. Ce qu’elle pouvait être susceptible ! Il adorait ça.
Ils se mirent en route pour le bal, une fois que le rouge de la honte se fut dissipé sur les joues d’Oscar, et qu’André eut repris son souffle. Oscar était revenue sur ces désirs. Maintenant, elle avait hâte que le bal se passe et qu’elle puisse enfin se remettre au lit.
Ils firent leur apparition, accompagnée comme d’habitude de la rumeur d’envie à leur vue. Ce soir toutefois, la rumeur était moins forte. Sans doute l’effet conjugué des yeux à l’éclat mauvais du colonel et de la couleur de son menton (bordeaux/jaune/violacé). Oscar alla se poster dans un coin de la salle qui lui permettait à la fois de surveiller l’ensemble des danseurs, mais aussi les plateaux de boissons alcoolisées de toutes sortes.
La journée n’avait pas été une des meilleurs qu’elle avait pu vivre jusqu’à présent, et elle avait besoin de réconfort…André pour sa part, parti en direction des balcons. Il avait envie de prendre l’air, et parfois, il pouvait s’avérer nécessaire de remettre en place certains individus, y compris sur les balcons.
Le bal se passait plutôt bien. Les danseurs masqués se comportaient de façon civilisée, et dans une paire heure, Oscar pourrait se glisser avec bonheur sous ces draps. Elle songeait à cela en souriant, quand elle entendit André hurler son prénom.
Elle se précipita sur le balcon d’où provenait la voix, et ce qu’elle aperçut la figea. André était couché sur le dos, ses yeux étaient clos et il baignait dans une mare de sang, une dague plongée en pleine poitrine. L’agresseur n’était nulle part visible, mais une jeune femme terrorisée pleurait dans un coin.
Oscar s’approcha de son ami. Elle le prit dans ses bras et le releva comme elle pu. André respirait faiblement. La jeune femme s’approcha doucement.
JF : « Comment va-t-il ?
O (bouleversée) : - Que s’est il passé ?
JF (pleurant) : - Un homme a essayé de m’embrasser de force, votre ami est intervenu et…oh…il l’a poignardé…avant de prendre la fuite.
O : - André ? André, c’est moi, répond moi !
A (très faible) : - Oscar ? Oscar…il faut que…tu saches…je…je…t’aimes… »
André poussa un dernier soupir et rendit l’âme dans les bras d’Oscar. Oscar, indifférente à tout ce qui l’entourait et réalisant qu’André venait de mourir, poussa un hurlement sauvage. Délaissant le corps d’André, elle s’enfuit à travers la salle de bal et courut jusque dans les jardins. Elle continua à courir jusqu’à ce que son corps la trahisse et s’effondre. Elle était arrivée, inconsciemment, devant l’étang de leur enfance. Elle resta là, prostrée sur elle-même et pleurant, jusqu’à ce que la fatigue la cueille et que le sommeil l’emporte dans une nuit sans songe… |